Les Exponentielles

La place des femmes dans le Digital

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ébut Juillet 2021, Lucie a été conviée à la Mobile Week de Gérone au nord de Barcelone pour échanger sur la dynamique de la digitalisation des entreprise en Espagne et en France et également la place de la femme dans le secteur du digital. Nous avons eu envie de partager ici dans le Magazine Les Exponentielles une synthèse sur cette thématique car la digitalisation est à la fois un facteur de compétitivité des entreprises françaises et également générateur des emplois de demain.

Où en est la France sur la transformation numérique?

La France est en dessous de la moyenne européenne sur l’indice de transformation numérique du pays et se classe 15ème. Les critères d’évaluation sont la connectivité, le capital humain, l’utilisation des services internet, l’intégration de la technologie du numérique et les services publics numériques.

Dans une étude de la CPME en 2021, il apparait qu’un marqueur fort de cette tendance est la crainte et le manque d’informations des dirigeants de PME et TPE française. Les dirigeants manquent de formation et de compétences techniques digitales et sont faiblement familiariser aux  des outils digitaux. Ainsi,  même si beaucoup ont consciences des opportunités du numérique,  “beaucoup […] sont réfractaires au changement et voient cette digitalisation comme une entrave plutôt qu’une opportunité.”  

La pandémie a forcé le changement et 29% des TPE se sont engagées dans la transformation numérique. 

Mais les  freins ne situent pas seulement au niveau des TPE et PME. Dans un article intitulé ” French Tech et tech française : le désamour”, Aurélie Jean observe, je cite

“La French Tech, ce label pourtant connu et reconnu à l’étranger, présente une étrange absence : celle des ingénieurs et spécialistes de la tech justement, tant dans son leadership que dans ses membres.”  Dans cet article, l’auteur assimile cette absence de profil Tech à une posture des dirigeants politique de mise à l’écart des compétences techniques. Si on ne peut pas répondre clairement au pourquoi de ce choix sans tomber dans la spéculation, l’absence de mixité de compétences au sein même de la French Tech interroge sur l’approche française du Digital & de la Tech. 

 

La place de la femme dans le numérique en France.

En France, les femmes sont sous représentées dans les fonctions de développeuses et profils techniques de la DSI en entreprise.  Les femmes représentent 20% des collaborateurs de la DSI au sein des Grandes Entreprises et 33% des femmes travaillent dans le secteur numérique mais à des postes commerciaux, communication, administratifs. 11 % des femmes exercent en cybersécurité.

Par ailleurs, moins d’un entrepreneur sur dix est une femme et les fondatrices d’entreprises dans le digital & Tech obtiennent souvent moins d’argent que les hommes lorsqu’elles lèvent des fonds.

 

Le numérique est créateur d’emploi et l’absence de femmes entretient le développement de biais algorithmiques involontaires – biais cognitifs – ou volontaires qui favorisent une vision du monde masculine. La féminisation de la profession est un enjeu majeur de l’égalité homme-femme porté par de nombreuses associations en France.

 

Pourquoi les femmes ne se dirigent pas vers le numérique?

Dans son article sur monster.com, Nathalie Dépret propose l’explication suivante, d’un côté le manque de figure féminine d’identification avec “l’image du geek associable” et de l’autre une faible part de filles en école d’ingénieur créé un cercle qui s’entretient car la faible représentativité professionnelle des femmes dans le numérique entretient le schéma . 

Ainsi, l’enjeu de la formation continue et de la reconversion apparait rapidement comme central dans la féminisation de la profession.  

En France, 41% des élèves en filière S sont des filles. Encore sous représentées dans les filières scientifique, les débats sont encore nombreux sur l’origine de cette asymétrie.  D’un côté les croyances limitantes et idées reçues sont pointées du doigt, de l’autre on proteste en assurant qu’à notre époque il s’agirait, d’une appétence spontanée pour d’autres disciplines. 

Le rapport Villani  a pour objectif d’augmenter le nombre de femme en école ingénieur à 40% en 2020, actuellement elles sont encore moins de 30%. 

Notons que “sur l’année scolaire 2018-2019, 18% des étudiants des établissements membres de Talents du Numérique à niveau Bac+5 étaient des étudiantes.” Source https://talentsdunumerique.com/le-numerique-femmes

Un enjeu de reconversion qui ne concerne pas seulement le genre mais aussi l’âge

En France on peut se former à de nombreux métiers après 30 ans dans le cadre d’une reconversion professionnelle, pendant longtemps les écoles d’informatique arguant de “la plasticité du cerveau” pour fermer l’accès après 30 ans. Et contrairement aux BTS, CAP ou encore études universitaires offrant des alternatives et aménagements pour les plus de 30 ans pour une reconversion professionnelle, les écoles informatiques sont strictes sur la limite d’âge. 

L’ensemble des écoles informatiques en France limitent à 30 ans l’âge d’inscription alors que des profils plus seniors seraient une vraie valeur ajoutée pour travailler sur la transition numérique en France. Signe positif, L’école 42 est la première école en 2019 à avoir supprimer la limite d’âge.

Sources:
https://cpme68.fr/2021/03/transformation-digitale-des-tpe-entre-prise-de-conscience-et-attentisme/**les échos entrepreneurs https://business.lesechos.fr/entrepreneurs/communaute/0610676197144-french-tech-et-tech-francaise-le-desamour-342800.php
Fedbusiness https://www.fedbusiness.fr/actualites-fed-business/quelle-est-la-place-des-femmes-dans-le-digital
Photo https://cadenaser.com/emisora/2021/07/09/radio_girona/1625811251_517489.html
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