Les Exponentielles

Non à la dictature du bien-être!

 Il y a quelques mois, j’ai eu l’occasion d’écouter sur une plateforme de podcast la chronique de Baptiste Beaulieu médecin, romancier et chroniqueur dans Grand Bien Nous Fasse. C’est avant tout le titre qui a attiré mon attention, l’épisode s’appelle « la charge mentale de Madame Poire”.

Cette fois le médecin et romancier adresse le sujet de “la charge mentale de la femme”. Médecin, Baptiste Beaulieu adresse cde sujet avec un angle peu évoqué, celui de la charge additionnelle pour les femmes dans le recours aux médecines douces dans le quotidien que ce soit en automédication ou avec l’aide d’un praticien.

En effet, de plus en plus de femmes sont conscientes que préserver leur santé et celle de leurs proches leur permettra de vivre mieux et plus longtemps. Ce qui est positif en soi peut glisser vers un excès néfaste car il arrive parfois que nous glissions dans la spirale du syndrome du Bien-être ou de la dictature du bien-être.  Le phénomène peut être amplifié par l’océan d’informations – parfois contradictoires – sur le web ou dans la presse. Cette surabondance d’information peut être une vraie ressource comme elle peut entrainer une surchauffe mentale (l’info obésité), des sensations d’angoisse ou encore de culpabilité pour certaines personnes quand elles ne peuvent pas appliquer toutes les recommandations. On trouve évidemment des informations de qualité mais le développement de la thématique du bien-être s’accompagne également d’un foisonnement de sites web avec des titres accrocheurs et des contenus de faible qualité qui ont clairement d’autres objectifs que la diffusion d’informations mesurées et utiles ou encore de proposer des services.

Cette dictature ne touche pas seulement les femmes car bien que le recours aux médecines douces soit en effet plutôt féminin, l’activité physique et les compléments alimentaires sont également plébiscités par les hommes. Souvent leur usage est plus pour répondre à des critères de virilité et de beauté qui sont tout aussi pesant.

Cette obsession du bien être est visible également avec la multiplication d’applications mobiles en lien avec la Tendance Self-tracking et l’hyper-connexion. Ces objets connectés recueillent des données sur notre rythme cardiaque, nos calories avalées, nos heures de sommeil… Tout est enregistré, mesuré etc. 

Ainsi pour reprendre la formulation d’Aurélie Dirickx lorsqu’elle fait une synthèse d’une idée phare de l’ouvrage « Le syndrome du bien-être » de « Carl Cedestrom, André Spicer »aux éditions  L’échappée , elle évoque « une quête de bien être objectivée et transformée en quête de l’extrême dans une société du paraitre et de la performance. » Cela entraine alors « mal être et anxiété chez l’individu contemporain ».

Et pour citer, les auteurs de l’ouvrage

« […] l’ascétisme, à l’ultime contrôle de soi. On se dit que l’on en fait pas assez ou qu’on le fait mal. On entre dans un processus totalement contreproductif, on assiste à une culpabilisation permanente qui conduit au mal-être. » 

Ainsi, nous voici à nouveau avec de nouvelles injonctions et de nouvelles obligations en perte de notre liberté de choix et de spontanéité. Cet excès nous pouvons tous en faire l’expérience. L’important est de prendre conscience d’un juste équilibre pour nous-même dans cet élan positif de reprendre le pouvoir sur son bien-être sans tomber dans l’hyper contrôle.

En revanche, les mesures obtenues lors de différents examens sanguins ou autres sont évidement utiles lorsqu’elles sont à usages médicales et surtout analysées, traitées et utilisées par des médecins car cela évite d’avoir un recours à des compléments alimentaires notamment en minéraux et oligo-éléments. Ce type de traitement doit impérativement être cadré par un spécialiste. L’usage des plantes est lui différent car leur action est différente.

En revanche, à mes yeux, contrairement à l’idée avancée par Baptiste Beaulieu, qui est médecin généraliste – le recours à un thérapeute en médecine complémentaire n’est pas une charge additionnelle car souvent cette approche permet de résoudre des problématiques qui sont souvent très « lourdes » à porter dans le quotidien qu’il s’agisse de problèmes de sommeil, de digestion ou autre. Si après une consultation chez un médecin et un bilan sanguin, la conclusion est qu’aucune carence ou trouble spécifique ou que les résultats ne justifient pas une médication mais un changement d’hygiène le rôle du phytothérapeute, nutritionniste, praticiens de thérapies manuelles ou cognitives, coach sportif ou naturopathe prend tout son sens.

L’art de l’équilibre

Si vous nous connaissez un peu, vous savez que chez Les Exponentielles, nous choisissons toujours le chemin de la tempérance et de l’équilibre. Alors évidemment, cela est moins vendeur et accrocheur que les annonces extrêmes mais c’est bien dans des pratiques le plus souvent possible que l’on améliore durablement notre bien-être.

Il s’agit de trouver l’art de la juste mesure. Pour citer à nouveau Carl Cedestrom et André Spicer « Le bien-être c’est l’équilibre entre le plaisir et la privation » « Il est légitime de faire des efforts pour vivre différemment mais il faut savoir lâcher prise et retrouver un contexte spontané avec son environnement. Nous ne vivons pas dans un monastère. »

Pour ne pas jouer contre son propre camp et éviter de créer pour soi une nouvelle charge mentale et de ressentir de la culpabilité ou de l’angoisse, à mon sens, il ne s’agit pas d’ajouter un comportement ou des tâches mais de reprendre la réflexion du début.

Observer, réfléchir, tester, adapter et se lâcher la grappe !

Et ce n’est pas toujours évident. Moi-même, c’est par l’expérience que j’ai réalisé que j’étais trop rigide ou que j’adoptais parfois des comportements figés en oubliant que nos besoins évoluent que que parfois pendant plusieurs jours on mange moins bien ou on ne fait pas de sport. Je m’éloignais de mon objectif au lieu de m’en approcher en oubliant d’être dans le ressenti et en me figeant dans le mental et des règles strictes.

Alors voici quelques pistes de réflexion pour ne pas glisser dans la spirale de la dictature du bien-être.

1- Tout d’abord, lorsque l’on décide de modifier des comportements du quotidien, il est impératif d’être claire sur « Pourquoi » on le fait.

2- Abandonnez ensuite tout ce qui n’ait pas bénéfique et utile pour atteindre votre objectif. Ensuite, je vous invite à identifier les actions concrètes à mener et à vous assurer que vous avez réellement le contrôle sur les actions vous souhaiter mener et que vous êtes bien le protagoniste.  

3- Vous pouvez lister tous les obstacles pratiques et les doutes que vous identifiez. Puis, travaillez à trouver des solutions concrètes et à mieux appréhender vos doutes.

4- Enfin, acceptez de ne pas pouvoir tout mener de front. Se libérer des injonctions et des charges du quotidien, c’est également choisir donc de renoncer à certaines choses. Il convient alors d’être claire sur ce à quoi vous allez renoncer.

Par exemple, vous décidez de mieux manger en cuisinant maison, des plats principalement frais, de rééquilibrer les repas et de bannir les produits ultra-transformés

Avant tout, soyez claire sur le “Pourquoi” cette décision? Quel est le déclencheur? Vous sentez vous souvent fatiguée sans énergie?  Vous avez pris beaucoup de poids et vous ne rentrer plus dans 80% de votre garde robe? Vous attrapez plus souvent des rhumes, angines ou gastros? Vous avez des maux de ventre? Vous voulez ressembler aux filles des magazines? Votre conjoint ou proches vous ont fait des réflexions sur votre poids? Si le déclencheur est l’une des deux dernières suggestions, à vous d’en juger mais ce n’est pas une motivation suffisante. Mieux manger n’est pas un objectif pour satisfaire les critères des autres. En revanche, si votre réponse est dans les 4 premières suggestions ou du même type, alors oui votre corps vous envoie un signal que vous ne lui donnez pas ce qu’il faut.

Puis listez les actions concrètes à mener en prévoyant plus de temps au départ pour mettre en place les nouvelles pratiques. Par exemple, au lieu de tout acheter en grande surface, vous allez avoir peut-être faire des achats sur internet de produits d’entretien par exemple et le frais sera acheté dans les petits commerces ou en magasins bio. Cela change les habitudes. 

Il s’agit peut-être également de consulter un praticien ou de choisir de rejoindre un programme, s’abonner à des revues et/ou de se former soi-même. 

Vos obstacles identifiés peuvent être le manque de temps pour gérer la logistique ou encore les enfants qui vont râler au début de voir de nouvelles recettes dans leurs assiettes. Il y a aussi vos propres doutes sur la possibilité de tenir cela dans le temps.

Pour l’obstacle « temps », vous pouvez choisir de déléguer le ménage ou les courses à votre conjoint, pour avoir plus de temps à consacrer aux repas ou de solliciter une aide à domicile pour le ménage. Ou cela peut être de surveiller votre temps passé devant les écrans. 30 minutes de moins par jour sur écran suffisent pour intégrer les bons gestes pour une meilleure alimentation. De toute façon, cela implique toujours de renoncer pour ne pas cumuler.

Mais si vous savez pourquoi vous le faites et que vous savez que cela vous sera bénéfique à vous-même et à vos proches alors vous verrez tout se met en place sans regret. 

Et surtout, surtout, lâchez-vous la grappe ! Mieux manger par exemple ne signifie pas se priver de tout et être dans l’extrême. Tout est question de quantité et fréquence. N’oubliez pas aussi que le manque de sommeil, le stress ou encore le manque de sport sont également des causes de prise de poids. N’hésitez pas également à faire un bilan auprès de votre médecin afin qu’il/elle vérifie si la cause n’est pas un dérèglement de la tyroïde ou hormonale.

Par expérience ces 5 dernières années, il n’est pas viable dans le temps de se focaliser uniquement sur les comportements ou sur des réflexions purement intellectuelles. L’action et la réflexion fonctionnent ensemble. Faire l’expérience de nouvelles pratiques et les ajuster sans perdre de vue notre objectif en étant claire sur notre intention permettent d’avancer avec plus de sérénité.

Si vous avez envie d’être accompagné.e.s dans la mise en place de nouvelles habitudes bien-être, si vous avez envie de gagner du temps, de l’énergie et de l’espace mental, rejoignez nos programmes sur LesExponentielles.com. Nous serons ravies d’être à vos côtés.

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